Une migration spectaculire!

Claude Vallée, agr., M. Sc.
Professeur en horticulture
Institut de technologie agroalimentaire,
Campus de Saint-Hyacinthe

Les monarques à l’est des Rocheuses partent à la fin de l’été vers les hautes montagnes du Mexique pour hiverner. Il s’agit de la seule population du papillon à faire un aussi grand voyage migratoire. Ceux du Québec font le plus long trajet.

                                  Photo : Espace pour la vie

Pourquoi hiverner dans les hautes montagnes du Mexique? En fait, ces forêts de sapins sacrés ont des températures hivernales légèrement au-dessus du point de congélation (1 à 6 °C). Ce climat idéal pour l’hivernation permet aux monarques de ralentir leur métabolisme et d’économiser leurs réserves en attendant le retour de la croissance printanière des asclépiades.

En mars, les températures deviennent suffisamment chaudes pour que les papillons se réveillent. Ils complètent alors la maturation de leurs organes sexuels. Trois jours à 23 ou 24 °C suffisent pour atteindre cette maturité. Une fois accouplés, la plupart des mâles ne survivent pas et les femelles s’envolent instinctivement vers le nord du Mexique et le sud des États-Unis, à la recherche de pousses fraîches d’asclépiades pour y pondre leurs œufs. Épuisées, elles meurent à leur tour après la ponte. La première génération de monarques qui émerge migre également vers le Nord, en synchronisme avec l’émergence des asclépiades. Selon les conditions climatiques, de deux à trois générations additionnelles peuvent se former. De façon générale, c’est la troisième génération de papillons qui atteint le Québec à la mi-juin pour s’y reproduire. Les individus qui naîtront entre la mi-août et la fin septembre représentent la dernière génération (quatrième ou cinquième, selon les températures). Ce sont les grands migrateurs, ceux qui tenteront le voyage de leurs aïeux à partir de septembre, pour aller instinctivement hiverner au Mexique. Ce trajet continental spectaculaire peut atteindre 5 000 km et fait partie de la migration dite de l’Est. On estime à seulement 50 % les chances de survie des papillons lors de cette migration. Les survivants passeront en moyenne cinq mois au Mexique.

La migration de l’Ouest, beaucoup moins spectaculaire, s’effectue entre la côte pacifique de la Californie, où les papillons hivernent sur les eucalyptus, les cyprès de Monterey et les pins de Monterey, pour ensuite migrer au printemps vers le nord de la Californie, le Nevada, l’Idaho et l’Oregon. Cependant, encore peu d’information existe sur ce parcours. Cette population observe également un déclin.

Source : http://www.namonarchs.org/fr/migration/

 

 

 

Comment ne pas s’épuiser lors du grand voyage?

Pour parcourir 4 000 à 5 000 km, le papillon doit économiser le maximum Énergie durant le vol. On comprend encore peu comment il réussit, mais certaines recherches tendent à démontrer que le papillon monte en altitude pour joindre des courants d’air plus chhauds se dirigeant vers le Sud. Une foi dans ces derniers, il se laisse porter vers son site d’hivernation, en faisant des haltes pour se nourrir. Un papillon pourrait ainsi parcourir 75 km par jour.

Commeent fit-il pour retrouver les hautes montagnes du Mexique? La science n’a pas encore percé ce mystère.